Dans cet article, Ugo Palheta interroge le récit politique et médiatique des dernières semaines à propos d’une supposée « ultra-droite » qui serait l’équivalent – à droite du champ politique – de ce que la police nomme « ultra-gauche ». Il insiste au contraire sur la communauté de vision du monde de l’ensemble de l’extrême droite, entre ses branches institutionnelles (le RN mais aussi Reconquête), qui visent la conquête du pouvoir par les urnes, et les différentes mouvances extra-parlementaires, militantes, qui cherchent à intimider les militant·es de l’émancipation dans la rue, et qui réalisent également un travail idéologique et de formation de cadres qui servent pour l’essentiel les desseins du RN.
Il avance l’idée que, pour affronter ces extrêmes droites, la gauche sociale et politique doit parvenir à intensifier et combiner l’autodéfense (populaire, féministe, antiraciste), la bataille des idées (sur tous les terrains où les obsessions néofascistes et réactionnaires s’insinuent) et la construction d’une alternative politique, articulant unité et radicalité, sans laquelle on ne parviendra pas à enrayer durablement la montée en puissance du néofascisme.
Ce texte est une version écrite et légèrement approfondi d’un épisode du podcast d’Ugo Palheta : Minuit dans le siècle, disponible sur Spectre et toutes les plateformes d’écoute de podact.
L’extrême droite au cours des derniers mois
On a vu une forte médiatisation ces dernières semaines de défilés de militants néonazis, royalistes et ultra-réactionnaires. La marche du 6 mai à Paris a fait couler beaucoup d’encre parce qu’on y voyait parader plusieurs centaines de personnes, sans doute autour de 450, essentiellement des jeunes hommes, cagoulés pour un bon nombre d’entre eux et arborant tous les signes d’appartenance à la mouvance dite « nationaliste-révolutionnaire », c’est-à-dire néo-nazie. Il…
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