Il n’est plus le patron du réseau numéro un de la grande distribution en France, qui porte son nom. Pas même salarié. Président du comité stratégique, il est rémunéré à titre de consultant. Michel-Édouard Leclerc se définit comme « influenceur, ambassadeur et fédérateur » au service de tous les centres E. Leclerc. Mais à ce titre, il est l’incarnation de ce modèle qui a fait du prix bas, sur le créneau de la distribution généraliste, l’un de ses fondements.
Son passage devant la commission d’enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution et de ses fournisseurs, ce 26 février, faisait donc presque office de passage obligé. Un peu comme un article de première nécessité que l’on glisserait sans hésitation dans un panier. « On voit bien que c’est vous qui donnez le ton, vous négociez les prix les plus bas du marché », a vite rappelé la rapporteur Antoinette Guhl (écologiste).
« Le marché a besoin d’être régulé »
Dès ses premières déclarations, « MEL » a fait échos aux propos tenus la veille par Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, qui s’étonnait de cette passion française pour les relations commerciales, en particulier dans l’agro-alimentaire. « Il ne vous viendrait pas à l’idée de dire à un restaurateur qu’il devrait partager la valeur qu’il a créée avec au minimum le producteur, l’industriel, le fournisseur […] Je ne sais pas d’où on tire que le commerçant, et…
Auteur: Guillaume Jacquot

