On connaît l’inusable précepte de Spinoza : « Ni rire ni pleurer, mais comprendre. » Pleurer ne servirait à rien. Et rire attendra un peu, si ce n’est ce rictus de plaisir amer que provoque le spectacle du naufrage de Macron. Mais l’effondrement de ce personnage qui aura vécu son passage en politique comme une aventure personnelle nous est d’un faible réconfort. On ne pourra pas toujours expliquer ce qui arrive aujourd’hui à notre pays par la médiocrité de Macron. Rapidement, la gauche devra, pour comprendre, porter sur elle-même un regard lucide et introspectif. Mais nous sommes aujourd’hui dans le temps d’une campagne qui n’a pas livré son message définitif.
La gauche devra, pour comprendre, porter sur elle-même un regard lucide et introspectif.
À cet égard, il faut se féliciter du comportement de la gauche au soir du premier tour. Moins, hélas, de la campagne pas très propre menée en Seine-Saint-Denis et à Paris par les troupes mélenchoniennes contre les « dissidents » Corbière et Simonnet, dont le crime est d’avoir eu trop à la bouche le mot « démocratie ». Mais l’essentiel est ailleurs. Il s’agit d’empêcher le RN d’avoir une majorité absolue. Deux chiffres nous disent l’ampleur du désastre : 3 millions et 10,6 millions. C’est la progression en voix de l’extrême droite en sept ans. C’est l’écart entre l’arrivée à l’Élysée d’un Rastignac qui voulait imposer au peuple tout ce que le peuple ne voulait pas et cette dissolution dont il est le seul à n’avoir pas anticipé les effets. Ces chiffres, on ne les effacera pas. On peut tout juste en limiter la traduction en sièges.
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Auteur: Denis Sieffert

