Rappelez-vous il y a quelques années, quand tout le monde hurlait sur le crédit social expérimenté en Chine. Un système qui faisait froid dans le dos : une surveillance globale par reconnaissance faciale, combinée à une «notation» des citoyens en fonction de leur comportement. En cas d’infraction, un habitant pouvait perdre des points, et en gagner en cas de bonne action. À l’arrivée, les chinois mal notés, ceux qui avaient commis des incivilités, dégradations, ou critiqué le régime, peuvent perdre certains droits de «crédit social» et être inscrits sur une liste noire. Les bons citoyens obéissants, qui avaient les meilleurs résultats, pouvaient avoir des avantages.
Une manière de discipliner la population. Horreur ! Totalitarisme ! Des punitions extra-judiciares en plus des condamnations en justice ! La création de plusieurs catégories de citoyens ! Des habitants risquant une mise à mort sociale ! À l’époque, tout le monde était également épouvanté par les épisodes de la série Black Mirror, qui montraient des situations similaires dans un futur dystopique.
Qui aurait imaginé que, quelques années plus tard, ce soit le gouvernement du «pays des Droits de l’Homme», un État dirigé par le «camp de la raison», par des «modérés» élus grâce au «barrage à l’extrême droite», qui appliqueraient un crédit social pour mater un mouvement social ?
Gérald Darmanin, toujours en première ligne pour expérimenter les pires ignominies, vient d’annoncer fièrement qu’il a envoyé des consignes aux magistrats pour tuer socialement les manifestants arrêtés. Alors que la justice envoie en prison des centaines de personnes lors de procès expéditifs, à partir de dossiers vides, le ministre veut aller plus loin.
Il a donné l’ordre aux procureurs de la République de «demander des peines de privation des droits civiques» et d’interdire toute manifestation aux personnes arrêtées….
Auteur: B
