Forages illégaux « nuisibles à l’eau et au milieu aquatique », vente de bouteilles d’eau minérale ayant subi « des traitements non autorisés » … Les chefs d’accusation à l’encontre de Nestlé Waters étaient graves. Le 10 septembre, le tribunal judiciaire d’Épinal a décidé de clore le dossier rapidement en validant la convention judiciaire d’intérêt public en matière environnementale (CJIPE), conclue entre le procureur de la République et le groupe.
Nestlé Waters devra ainsi verser 2 millions d’euros d’amende et 516 800 euros d’indemnisation à sept associations de défense de l’environnement. Il s’est aussi engagé à mettre en place « un ambitieux plan de renaturation et de restauration de la continuité écologique » autour des cours d’eau vosgiens affectés et à procéder à « la restauration et la recréation de zones humides sur le territoire de Vittel et Contrexéville ». Un investissement évalué à 1,1 million d’euros.
La convention permettant à Nestlé Waters d’échapper à son procès est « scandaleuse », dénonce Ingrid Kragl, directrice de l’information de Foodwatch, association de consommateurs qui avait porté plainte dans cette affaire.
Reporterre — Pouvez-vous nous redonner le contexte de cette affaire ?
Ingrid Kragl — En début d’année, Le Monde et la cellule investigation de Radio France révélaient que l’eau pompée par Nestlé Waters était contaminée et que le groupe avait alors eu recours à des systèmes de purification par ultraviolets et filtres à charbon actif interdits pour continuer à la mettre en bouteille et la vendre.
Nous avons porté plainte le 21 février à Paris. Cela visait la fraude et la tromperie à l’encontre des consommateurs en raison des traitements illégaux interdits et des produits qui ont quand même été mis en bouteille et commercialisés. Au total, nous avons relevé neuf infractions : pratiques commerciales…
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Auteur: Fabienne Loiseau

