Le règlement européen contre la déforestation doit entrer en vigueur le 30 décembre. Les multinationales auront alors l’interdiction de commercialiser en Europe des produits comme le cacao, le café ou l’huile de palme issus de terres ayant fait l’objet d’une déforestation après le 31 décembre 2020. Mais sur le terrain, cette obligation semble très mal engagée.
Trois ONG indonésiennes (TuK Indonesia, Walhi Kalimantan Tengah et Sawit Watch) ont ainsi révélé le 30 octobre avoir adressé une plainte à quinze grands groupes de biens de consommation, parmi lesquels PepsiCo, Ferrero, L’Oréal, Unilever, Procter & Gamble ou encore Nestlé.
Selon ces associations, ceux-ci s’approvisionnent auprès d’exploitations de plantation de palmiers à huile dont les activités ont pu enfreindre la loi en 2024 dans la province du Kalimantan central, car implantées dans des zones forestières sans autorisation. Une enquête de terrain a également révélé des risques d’obstruction de cours d’eau, le non-respect des responsabilités envers les communautés locales ainsi que la culture de palmiers à huile sur des zones de tourbières protégées par la réglementation indonésienne.
Les ONG exhortent les quinze multinationales à vérifier l’origine de leurs matières premières et à prendre des mesures concrètes en cas de transgressions avérées, comme garantir la réparation des dommages causés. « La question de la protection des forêts ne peut être dissociée de la responsabilité des entreprises qui tirent profit de la chaîne d’approvisionnement des matières premières », taclent-elles.
Cette alerte résonne d’autant plus fort que des feux de forêt et de terres ravagent actuellement le Kalimantan central : « Ces incendies montrent que la protection des forêts nécessite des efforts cohérents en matière de prévention, de surveillance et d’application de la loi », déclarent les trois ONG.
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Auteur: La rédaction de Reporterre
