Comme au lendemain de la mort du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, l’exécution du leader du Hamas, Yahya Sinwar, a donné lieu à des assauts de fausse crédulité. Puisque la peau de Sinwar était l’un des objectifs affichés par Benyamin Netanyahou, n’est-il pas temps d’arrêter cette guerre, de quitter Gaza, et de faire revenir les otages ? Ces faux espoirs ont été vite douchés. « Ce n’est que le début de la fin », a rétorqué Netanyahou, d’autant plus sûr de son non-droit que les mêmes faux naïfs occidentaux ne cessent de lui réaffirmer leur soutien. La mort de Yahya Sinwar n’est donc en rien le « tournant » annoncé. Et encore moins le signe de l’« éradication » du mouvement islamiste. Il y aura toujours un Hamas, ou autre chose, pire encore. Et Sinwar sera aussi vite remplacé qu’il a lui-même remplacé tous ceux qui l’ont précédé, de cheikh Yassine à Ismaël Haniyeh en passant par Abdel Aziz Al-Rantissi.
Le débat sur Gaza tourne outre-Atlantique au conflit de générations.
Dans la colère et l’esprit de vengeance il n’y a pas de « dernier homme ». Le « tournant », le vrai, c’est de Washington qu’il faut l’attendre et le redouter. Avec un possible retour de Trump à la Maison Blanche, Netanyahou pourra se rapprocher de l’objectif historique qui est le sien, et celui du mouvement sioniste de droite dont il est l’héritier : l’annexion de la Cisjordanie. À Gaza et au Liban, on en est pour l’instant à l’élimination des obstacles. Car il est temps de réviser nos analyses sur le gouvernement israélien. Il faut cesser de regarder la présence des colons suprémacistes dans la coalition comme une passagère nécessité électoraliste. Netanyahou incarne l’extrême droite sioniste née dans les années 1920 bien plus que Ben-Gvir et Smotrich. La coalition n’est pas de circonstance. Elle est historique.
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Auteur: Denis Sieffert

