En moins d’une semaine, le Moyen-Orient a sombré dans une spirale d’escalade militaire vertigineuse. Israël, sous la direction de Benyamin Netanyahou, a frappé simultanément l’Iran, Gaza, la Syrie, le Liban et le Yémen. Une série d’attaques coordonnées, d’une intensité sans précédent depuis des années, dessine le visage d’un premier ministre qui ne cherche plus à contenir, mais à embraser. Netanyahou ne veut plus simplement défendre Israël : il veut une guerre généralisée.
Netanyahou met en danger non seulement les populations civiles des pays visés, mais aussi les citoyens israéliens eux-mêmes.
Son objectif n’est pas seulement militaire. Il est aussi, surtout, politique : dans le fracas des bombes, dans le tumulte régional, Netanyahou poursuit l’annexion rampante de la Cisjordanie. Occupation, colonisation, judiciarisation à marche forcée : chaque attaque hors des frontières permet d’invisibiliser un peu plus la dépossession quotidienne des Palestiniens en Cisjordanie. La guerre à l’extérieur sert de rideau de fumée à la politique de dépossession à l’intérieur.
Sur le même sujet : Israël, le pays de la guerre perpétuelle
Mais cette fuite en avant n’est pas sans conséquences. Elle met en danger non seulement les populations civiles des pays visés, mais aussi les citoyens israéliens eux-mêmes, exposés à une riposte régionale d’une ampleur inédite – même si l’on doute des capacités de l’Iran à riposter à même hauteur. Plus encore, Netanyahou prend en otage les populations de confession juives du monde entier, qui peuvent devenir les cibles collatérales d’une colère grandissante dans les opinions publiques. En amalgamant sa politique agressive à la survie d’un peuple, il joue avec un feu…
Auteur: Pierre Jacquemain

