Le discours. Les faits. En politique, les deux sont rarement synonymes. Et cette soirée électorale du second tour des municipales en a donné une belle illustration : presque tous les partis ont tenté de revendiquer la victoire. Chacun s’appuyant sur des exemples locaux – qui disent beaucoup et son contraire – pour extrapoler sur la « justesse » de leur stratégie.
Parmi eux, Raphaël Glucksmann. Le leader de Place publique (PP) a réservé ses premiers mots à France Inter, au lendemain du second tour. Un entretien de dix minutes pour un message clair : « La gauche républicaine, quand elle n’est pas avec LFI, elle gagne. » Et un mot qui revient comme un mantra : « La clarté. » L’eurodéputé s’appuie alors sur les défaites de la gauche unie à Limoges, Toulouse, ou Tulle, par exemple.
Pourtant, jamais, au cours de cet entretien, il ne parle des résultats de son parti lors des municipales. Pis, pour justifier sa légitimité, il s’appuie, une énième fois, sur son résultat lors des élections européennes. Pourtant, comme Politis vous l’expliquait la semaine passée, le premier tour avait déjà été compliqué pour Place publique. Selon les données transmises par le parti, seuls cinq maires ont été élus dès le premier tour, pour l’essentiel dans des petites communes.
Des défaites dans des bastions
« Nous comparer à des partis historiques dont le plus récent s’est lancé il y a dix ans [LFI], c’est mélanger les torchons et les serviettes », répond-on du côté de PP, qui assure que son parti pris a « toujours été de s’inscrire dans des alliances ». Une politique mise en place
Auteur: Pierre Jequier-Zalc

