L’exclusion sociale des personnes neurodivergentes se manifeste dès les premières expériences de socialisation, notamment à l’école, puis se prolonge dans les espaces professionnels et relationnels. Elle s’inscrit dans des normes implicites qui hiérarchisent les fonctionnements cognitifs, valorisent certains profils et en disqualifient d’autres. L’invalidation qui en découle produit des effets durables et favorise le développement de traumas chroniques.
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Dans le premier volet de ce dossier sur la neurodivergence, Mr Mondialisation montrait que la souffrance psychique fréquemment observée ne peut être réduite aux seuls fonctionnements neurocognitifs. Elle prend forme dans les conditions sociales dans lesquelles ces fonctionnements s’inscrivent. Le présent texte approfondit cette analyse en examinant la manière dont l’invalidation structurelle peut conduire, au fil du temps, à des formes de trauma chronique.
L’exposition répétée à des environnements hostiles, dévalorisants et imprévisibles ne produit pas seulement des effets psychiques immédiats : elle engage des processus durables susceptibles d’affecter les régulations biologiques.
Le rejet social comme expérience structurante
Des normes tacites non enseignées
Pour beaucoup de personnes neurodivergentes, le rejet social est une expérience qui s’installe tôt, se répète, et finit par structurer profondément la perception de soi et le rapport aux autres. D’après une méta-analyse portant sur 40 études et plus de 5,6 millions de participant·es, les personnes autistes ont environ deux fois plus de risque de vivre des expériences adverses (maltraitance, négligence, harcèlement, difficultés familiales) durant l’enfance que les personnes non autistes.
Des résultats comparables sont observés chez les enfants présentant un TDAH : plusieurs études montrent qu’ils y sont aussi significativement plus exposés que…
Auteur: Elena Meilune

