Le 19 juin, plusieurs dizaines de médias – dont, évidemment, Politis – ont signé ensemble un appel « Pour un front commun contre l’extrême droite », rappelant que « sans presse libre » il n’y a « pas de démocratie ». Le Monde, journal dit « de référence », ne l’a quant à lui pas signé. On ne sait pas ce qui a motivé cette abstention, mais l’on suppose – et suppute (1) – que, pour ce vénérable quotidien qui aime se poser en arbitre des élégances médiatiques, il s’agissait de ne pas déroger aux sacro-saintes lois de la neutralité journalistique – cette farce dont nous verrons tout à l’heure qu’elle peut vite tourner à la sinistre plaisanterie.
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De fait, Le Monde – nul·le ne peut lui retirer cela – pousse très loin cette prétendue objectivité. Tout au long des deux dernières années, par exemple, il a renvoyé dos à dos, à longueur d’articles et de chroniques – et à l’unisson, notamment, d’Élisabeth Borne, ex-première ministre d’Emmanuel Macron –, la gauche antiraciste et l’extrême droite xénophobe, en les présentant comme « les extrêmes ». On a vu, le 9 juin, un résultat concret de ce long travail d’atténuation de la singularité de l’extrême droite xénophobe et de normalisation de sa dangerosité particulière, quand le Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella et Marine Le Pen, cofondé en 1972 par un Waffen SS, est devenu dans les urnes, à l’issue des élections européennes, le premier…
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Auteur: Sébastien Fontenelle

