« Ni ici, ni ailleurs » : une nouvelle bataille s'ouvre sur l'ex-zad de Notre-Dame-des-Landes

Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage

Sur un petit chemin bordé de chênes, sur le territoire de l’ex-zad (zone à défendre) de Notre-Dame-des-Landes, un groupe d’habitants et paysans nous a donné rendez-vous, mardi 11 août. Sous une chaleur écrasante, nous faisons halte à l’ombre des haies, entre une prairie et un champ de blé moissonné. « Nous avons découvert avec colère que ces parcelles sont ciblées par l’État pour servir de compensation en vue de la construction d’un centre de rétention administrative », introduit Manu, habitant du lieu-dit des Fosses noires, non loin de là.

Une banderole et des affiches sont déployées : « Le CRA, ni ici, ni ailleurs. » Dans le paisible bocage de Notre-Dame-des-Landes, une colère sourde se fait de nouveau entendre. L’État veut transformer 5 hectares de l’ex-zad en terres de « compensation écologique », en vue de la construction d’un centre de rétention administrative (CRA) de 140 places à Nantes, à une trentaine de kilomètres de là. Ce centre est destiné à retenir des personnes en situation irrégulière en France, en vue de leur expulsion.

Les bâtiments du centre seraient construits dans la zone du Champ de manœuvre, adossé à la maison d’arrêt Nantes-Carquefou. Pour cette construction, il faudra raser une partie du Bois dormant et artificialiser une zone humide dans l’une des rares enclaves naturelles d’une zone urbaine dense. Alors pour « compenser » cette destruction, l’État a jeté son dévolu sur trois lieux-dits, sur les communes de Vigneux-de-Bretagne et Notre-Dame-des-Landes, dont deux se trouvent au sein de l’emprise de l’ex-zad : La Grée et la Freuzière, qui abritaient des corps de ferme, détruits par l’État l’année dernière.

« On a bataillé pendant des années pour sauver ce territoire, ce n’est pas pour qu’il serve de compensation à un projet comme celui-ci », s’indigne Christine,…

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Auteur: Benjamin Carrot, Léa Guedj