Ni management ni héroïsation de l'institution psychiatrique…

Dans l’époque d’implosion des institutions pastorales que nous vivons, il n’est peut-être pas complètement inutile de faire entendre des voix dissidentes qui ne veulent s’aligner ni avec les tentatives de restauration de l’institution psychiatrique ni avec les politiques managériales qui la conduisent à son effondrement. Avoir des perceptions claires dans ces temps d’extrême confusion, nous impose peut-être un certain nombre de renoncements pour que du nouveau puisse advenir. Ou pour le dire avec les mots de Gilles Deleuze : « Si bien que la perception n’est pas l’objet plus quelque chose, mais l’objet moins quelque chose, moins tout ce qui ne nous intéresse pas ». Et si la psychiatrie, dans des nouvelles manières de penser le soin, ne nous intéressait plus ? Ce texte propose quelques hypothèses sur ce que pourrait devenir une écologie des pratiques de soin.

Car le monde est très vaste,la Haute Mer s’étend au-delà de toute connaissance :il existe des mondes au-delà du mondeUrsula Le Guin, Terremer

Contre l’organisation de la négligence

Il semblerait que les pratiques de soin, dans le paysage de brutale négligence dessiné par les nouvelles formes de gouvernementalité, sont appelées à recomposer les machines de guerre contre le monde de la marchandise. L’affaire est entendue, nous ne pouvons plus consentir à la disjonction entre les luttes et les manières de prendre soin des multiplicités qui habitent le monde. Le combat et l’attention portée à la fragilité de nos existences et aux milieux de vie se rejoignent à nouveau en un seul et même mouvement agoniste.

Mais pour faire exister des milieux « spécifiques », des interdépendances situées qui constituent des formes de communauté, il nous faudra, en contraste, considérer ce que certains ont appelé les « communs négatifs » . Ou, dans d’autres mots, ce qui dans le maillage métropolitain nous asphyxie : agriculture industrielle et ses réseaux de distribution , ordre électrique  et ses déchets, logistique qui gouverne nos subsistances , technologies médicales et pharmaceutiques fabriquant l’abstraction de la santé, réseaux des mobilités qui court-circuitent les lieux pour produire l’espace de la valorisation, flux sémiotiques tentaculaires des réseaux numériques voués au design des subjectivations atomisées qui font masse (et qui font masse dans l’atomisation). C’est-à-dire, la somme d’assuétudes infrastructurelles qui nous rendent captifs. Et c’est que la nouvelle systématique sociale…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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