Le dernier édito du Monde nous livre son habituel état des lieux, comme il se doit sérieux, mesuré, neutre, de la Macronie. Et comme toute analyse sérieuse, mesurée, neutre, il convient de raison garder, de faire la part des choses, de rappeler le juste milieu, loin des périls que constituent, traditionnellement, deux positions opposées…
Dans ce très idéologique exercice de construction des symétries que Barthes appelait le « ni-nisme » [1], Le Monde, journal dit « de référence », excelle. Mais aussi haute la position de surplomb de laquelle la leçon est donnée soit-elle, elle n’arrive plus guère à faire illusion. Et la tentative de nous convaincre que le pouvoir en place reste le garant des institutions et qu’Emmanuel Macron fait tout ce qu’il peut contre les passions irrationnelles (le plus souvent celles du peuple ou encore « des Français ») est laborieuse.
Ici, les difficultés auxquelles se confronterait –courageusement, cela va sans dire – la Macronie prendraient la forme d’« angoisses », au nombre de deux, symétrie oblige : « écologique à gauche, identitaire à droite ». Ces deux angoisses seraient aujourd’hui à l’origine de la « polarisation actuelle du champ politique », dont on comprend à demi-mots qu’Emmanuel Macron n’en est nullement responsable, bien campé dans son juste milieu.
Sans revenir sur la profondeur de cette « analyse » dudit champ politique, la description des deux angoisses, mises tranquillement en équivalence, fait froid dans le dos :
d’un côté, la montée des idées d’extrême-droite (le mot significativement n’est pas utilisé), leur expression de plus en plus ouverte, dans les médias notamment, se trouvent réduites à un simple sentiment d’« angoisse identitaire », venu d’on ne sait où, alors qu’on sait à quel point Emmanuel Macron et ses ministres, Gérald Darmanin notamment, les alimentent.
de l’autre, la gauche (notons la…
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Auteur: Sylvie Tissot

