Si les alternatives végétales au lait ou à la viande se sont largement imposées ces dernières années, trouver un substitut adéquat aux œufs restait un défi de taille dans les pâtisseries, les omelettes ou encore la mayonnaise. Un manque que les deux marques françaises Yumgo et Le Papondu entendent bien combler, en proposant chacune des produits de remplacement, en version 100 % végétale.
Objectif : toucher les personnes végétaliennes, allergiques, désireuses de réduire leur empreinte carbone ou refusant les produits issus de l’élevage industriel, tout en s’affranchissant de l’instabilité du marché de l’œuf.
La consommation est en constante hausse en France : elle est passée d’environ 217 œufs par habitant et par an à la fin des années 2010 à 228 en 2024, d’après les chiffres de FranceAgriMer. Le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO) estime qu’il faudra produire 3 milliards d’œufs supplémentaires par an, nécessitant la construction de 575 poulaillers sur dix ans. Une expansion industrielle favorisée par la loi Duplomb et la loi d’urgence agricole, face à laquelle Yumgo et Le Papondu entendent bien proposer une autre voie.
La quête d’une introuvable alternative
Créée en 2019 par Anne Vincent et Rodolphe Landemaine, le fondateur des boulangeries végétales Land & Monkeys, Yumgo est née d’un problème concret : « En boulangerie-pâtisserie, les œufs sont partout. En voulant créer des gammes végétales, on se demandait comment les remplacer », explique Anne Vincent. Même constat chez Le Papondu, projet concrétisé la même année par deux ingénieures en biologie industrielle, Sheryline Thavisouk et Philippine Soulères Albrand : « Il n’existait presque aucune alternative végétale aux œufs, alors qu’il y avait les mêmes problématiques éthiques et environnementales que pour la viande ou le lait », constate cette dernière.
Auteur: Pierre-Alexandre Lhotellier

