Nicolas Shahshahani et « l'apologie du terrorisme » : au XXIe siècle la Justice ordonne la destruction d'un livre.

Jacques-Marie Bourget : Que vit un citoyen-militant quand il est poursuivi pour « Apologie du terrorisme ». Quel sont le parcours de cet homme, théoriquement libre de sa parole, et son ressenti ?
Nicolas Shahshahani : Le 17 mars à l’aube, la porte de notre maison est très violemment secouée, heurtée. Je me précipite, avec ma femme Olivia, nous sommes dans une incompréhension pleine d’inquiétude. Comme dans les films je questionne « qui est là ? ». On me répond « c’est la police » et je tombe nez à nez avec au moins huit hommes cagoulés, vêtus de noir, ou en sombre, qui ont brisé la serrure. Parvenue à l’intérieur cette escouade me signale d’entrée : « vous êtes placé en garde à vue ».

Elle a un mandat qui me semble motivé par deux sources différentes, d’abord un signalement formulé par Laurent Nunez, alors préfet de police avant d’être ministre de l’Intérieur quelques jours plus tard, puis celle d’un magistrat qui autorise la police à agir. Celle dernière a pour mission « d’aller me quérir » au motif que je n’ai pas « répondu à une convocation », ce motif est inscrit sur leur requête. Ce qui est un argument scandaleusement bidon puisqu’aucune trace de la supposée requête n’existe ! Rien.
Tout part donc d’un signalement, sous couverture de l’« article 40 », déposé le 8 octobre 2025 par Nunez. Observation reprise pratiquement mot pour mot par un magistrat. En effet, le 7 octobre 2025, j’ai participé, au Châtelet, à un rassemblement placé sous le signe de « Tout n’a pas commencé le 7 octobre 2023 ». Il s’agissait de revenir sur l’interminable guerre coloniale conduite par les sionistes contre le peuple palestinien, puis d’évoquer l’après 2023 et l’offensive du Hamas. Dans les quarante secondes qui ont ouvert mon intervention, j’ai qualifié cette attaque de « mouvement de résistance ». Cette qualification a offensé monsieur Nunez,…

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