Un spectre hante Beaubourg, et sa Bibliothèque publique (Bpi) : « 1977 ».
1977, c’est l’année de l’ouverture du Centre-Pompidou, du punk et d’Emmanuel Macron. Presque cinquante années plus tard, à la faveur de travaux de rénovation de la « raffinerie » Beaubourg, les formes de vies qui s’engouffrent génération après génération dans son emblématique et populaire bibliothèque, profitant de son libre-accès, de son anonymat, de son encyclopédisme, sont menacées.
Dans le même temps qu’une partie du personnel, la plus jeune et la plus précaire, résiste exemplairement à une vision du monde qui la tient pour jetable, la même vision du monde s’apprête à confisquer des dizaines de milliers de livres qu’elle promet à la « désélection » et, pour partie d’entre eux, à la destruction.
En janvier cela fera trois mois que les travailleur.ses du Centre-Pompidou et de sa Bibliothèque publique (Bpi) sont en grève. De toutes qualités et statuts, contractuell.es, fonctionnaires, précaires résistent au démantèlement programmé pour 6 à 8 ans, et à ses conséquences : externalisations de métiers, confiscation des fonds, liquidation de ce qui restait de l’utopie fondatrice.
Le texte qui suit est écrit à plusieurs mains par un habitué de la bibliothèque.
Lier connaissance(s)
Tu viens de dehors, de loin en toi-même ou de lointains possibles.
Connecté.e au déconnecté, aux autres et aux riens, tu venais dans ce Centre, Beaubourg, et dans ce Centre à sa bibliothèque, la Bpi.
La Bpi (Bibliothèque publique d’information) : la bibliothèque, ta bibliothèque.
Depuis 1977 tu venais lire la presse, à l’ouverture, près des « télés du monde » retrouver des gens avec qui tu liais connaissance
Au troisième, il y avait des films, des concerts à regarder, des milliers de Cds. Quand tu as eu un ordinateur, un disque dur, je t’ai aperçu.e : tu as écouté, et parfois rippé, tous les classiques…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

