Le mouvement «NO TAV» est un mouvement né dans le Val de Suse, au Nord de l’Italie, contre un projet pharaonique de ligne à grande vitesse reliant Turin à Lyon. Le projet est vieux de plus de 30 ans, pas prioritaire vu la situation économique et écologique, hors de prix, et il dévasterait le val en creusant un tunnel géant dans les Alpes, à un endroit où se trouvent des minerais dangereux. Surtout, il existe déjà des projets alternatifs et moins coûteux, qui ne nécessiteraient que de rénover d’anciennes lignes ferroviaires. le TAV est un peu l’équivalent de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes chez nous, et avait été mis en veille un temps, avant de reprendre depuis une dizaine d’années.
Contre le TAV, un festival à lieu tous les étés, baptisé «Alta Felicità». Les 25 et 26 juillet a eu lieu la dixième édition, avec des concerts, des rencontres et des débats. La traditionnelle manifestation a réuni plus de 20 000 personnes, venues de toute l’Italie mais aussi d’autres pays européens.
Le cortège s’est divisé en trois groupes, dont une partie a déjoué l’important dispositif policier pour atteindre les chantiers, qui sont militarisés et protégés derrière d’importantes barrières. Un affrontement particulièrement soutenu a eu lieu autour du chantier de Chiomonte, tandis qu’un autre groupe a poursuivi sa route vers la commune de Susa. Un route nationale et une autoroute ont été bloquées, et une gare ferroviaire occupée.
A Chiomonte, les clôtures ont été enfoncées et la police mise en difficulté. Quatre véhicules des forces de l’ordre ont pris feu, et les dégâts sur le chantier sont évalués à 1 million d’euros. Au moins 16 manifestants ont été pris en charge à l’hôpital. Les syndicats de police parlent de 120 blessés dans leurs rangs.
Depuis deux jours, l’extrême droite se déchaîne contre le mouvement «No TAV». Un élu de la Lega parle de «criminels»,…
Auteur: C

