« Quand on m’a annoncé la nouvelle, c’était un choc et une immense surprise. Pour être honnête, je ne connaissais même pas ce prix, ce que c’était et ce qu’il représentait… » C’est une consécration plus qu’inattendue pour Olsi Nika, 39 ans. Le responsable de l’ONG EcoAlbania et sa camarade, Besjana Guri, 37 ans, se sont vus décerner lundi 21 avril à San Francisco le prix Goldman, surnommé le « Nobel de l’environnement », attribué annuellement à des militants écologistes sur chaque continent.
Ce premier prix albanais récompense leur incroyable campagne pour protéger la Vjosa, un fleuve de 270 km de long qui coule dans le sud du pays, considéré comme l’un des derniers grands fleuves sauvages du continent.
Manifestations, soutien aux communautés locales, expéditions scientifiques, mobilisation des médias internationaux, poursuites judiciaires… En plus de dix ans d’activisme, « Besi » et « Olsi » ont fait échouer les multiples projets de barrages qui menaçaient « le cœur bleu de l’Europe ». Et pas seulement : depuis mars 2023, la Vjosa ainsi que plusieurs de ses affluents ont été officiellement désignés parc national par le gouvernement albanais.
Dans cette région d’élevage et d’agriculture paysanne, le projet de parc était largement soutenu par les habitants : le fruit d’un intense et patient travail de terrain des militants écologistes. Olsi et Besi ne cessent d’arpenter chaque village de la vallée afin d’aider les populations locales à faire face aux mensonges des promoteurs de barrages et des autorités.
« En tant que femme, cela n’a pas toujours été facile, car on se retrouve devant une foule composée uniquement d’hommes, raconte Besjana Guri. Mais grâce à notre travail, j’ai réussi à créer une relation de respect et d’accord réciproques. À la fin, ils voyaient bien que…
Auteur: Louis Seiller

