Madrid (Espagne), correspondance
« Non à la guerre », c’est par ces mots que le Premier ministre espagnol de gauche s’est de nouveau opposé mercredi 5 mars aux attaques israélo-étasuniennes menées en Iran, dans une intervention télévisée. Une prise de position qui tranche avec les autres pays européens, mais qu’assume Pedro Sánchez, faisant valoir une violation du droit international.
Plus tôt, l’Espagne avait déjà refusé aux États-Unis l’utilisation de deux bases militaires aériennes situées dans le sud du pays. « Nous ne mettrons pas nos bases à disposition pour une action […] non conforme à la Charte des Nations unies », s’était justifié le ministre des Affaires étrangères espagnol.
La réponse de Donald Trump ne s’est pas fait attendre. L’Espagne est « un allié terrible », a réagi le président, qui a menacé de couper tout commerce avec le pays et évoqué un possible embargo. Des menaces qui inquiètent vivement l’industrie de l’huile d’olive en Espagne, premier producteur et exportateur mondial.
« Même s’il y a encore beaucoup d’incertitudes sur ce qui pourrait réellement se passer — des droits de douane ou un blocus commercial —, ce dont on est sûr, c’est que les conséquences seraient énormes », prévient déjà Jaime Martinez-Conradi Álamo, directeur général des coopératives agroalimentaires d’Andalousie, une organisation qui représente les producteurs locaux.
Un marché clef
Les États-Unis, troisième plus grand consommateur mondial d’huile d’olive, importent près d’un tiers de leur huile d’olive depuis l’Espagne. En Andalousie, qui produit à elle seule près de 80 % de la production d’huile d’olive espagnole, les exportations vers les États-Unis représentent près de 800 millions d’euros pour 2024-2025.
« Une grande partie de l’agriculture espagnole dépend du marché américain. Chaque décision de Trump a donc des…
Auteur: Romain Chauvet

