Millau (Aveyron), reportage
Sur le papier, ça semblait une bonne idée : recycler les métaux qui restent à la sortie des incinérateurs d’ordures ménagères. Une « solution pragmatique pour le traitement des métaux non-ferreux » avec un « procédé innovant » à base de rayons X qui, en plus, n’utilise pas d’eau. C’est ainsi que se présente Cyclamen, l’un des « champions de la croissance durable et souveraine en Europe 2026 », selon le Financial Times. Sauf que l’entreprise, qui prévoit de s’installer à Millau, dans l’Aveyron, traîne derrière elle un certain nombre de controverses et de défauts, qui font bouger les riverains localement.
Avec un investissement de 25 millions d’euros et 60 emplois promis à terme, cette nouvelle usine pourrait traiter jusqu’à 70 000 tonnes de métaux recyclés par an. De quoi séduire la région Occitanie et la ville de Millau, « heureuse qu’une entreprise innovante s’installe et crée de l’emploi sur le territoire », raconte Emmanuelle Gazel, la maire et présidente de l’intercommunalité.
Après s’être informée auprès d’élus de Moselle, où se trouve une première usine, qui ne lui ont rien fait remonter de particulier, la ville a décidé d’accompagner le projet en vue d’une installation sur la toute nouvelle zone d’activité en surplomb de la ville, près du péage du viaduc de Millau. À l’été 2025, Cyclamen a déposé sa demande d’enregistrement à la préfecture. Après une courte enquête publique sans grand bruit, le projet a été présenté le 25 septembre à un conseil municipal enthousiaste. Seule une élue d’opposition s’est abstenue, estimant que « la vigilance s’impose ». Le 12 novembre, la préfecture a signé l’arrêté d’autorisation.
« On est vite tombé sur un tas de déboires, une implantation loupée… »
Dans les hameaux voisins, pourtant, les inquiétudes montent. « Au départ, on pensait…
Auteur: David Richard, Elsa Souchay

