David Cormand, député européen, fait partie des parlementaires issus des Écologistes à avoir saisi la procureure d’Auch après les propos menaçants de Bertrand Venteau, nouveau président du syndicat agricole Coordination rurale. « Les écolos, nous devons leur faire la peau », avait-il déclaré. Une enquête a été ouverte le 24 novembre par le parquet d’Auch pour « provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».
Lorsqu’au congrès de la Coordination rurale à Auch, son nouveau président déclare que « les écolos, nous devons leur faire la peau », et que ces mots déclenchent des applaudissements, ce n’est plus un excès de langage. C’est un appel à la violence extrême. En tant qu’élu de la République, j’ai donc, avec des collègues parlementaires écologistes, saisi la procureure d’Auch. Ce n’est pas une réaction partisane : c’est notre devoir républicain.
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Je sais aussi, même si ce propos est inacceptable, que sa violence s’inscrit dans un cadre qui la dépasse, celui de la souffrance profonde qui recouvre de plus en plus le monde agricole, dont Bertrand Venteau veut être le porte-parole. Il faut citer les revenus et les salaires trop bas — voire absents —, les filières qui disparaissent, les terres grignotées ou spoliées, la concurrence internationale ou le changement climatique pour comprendre l’ampleur des problèmes auxquels sont confrontés les agricultrices et les agriculteurs.
La progression de la Coordination rurale s’enracine dans cette réalité. Ses bonnets jaunes ont justement fleuri dans les territoires où non seulement les revenus agricoles s’érodent, mais où des pans entiers de l’économie rurale disparaissent. Quand une laiterie ferme, qu’une tournée de collecte est supprimée ou qu’un abattoir cesse son activité,…
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