L’un des arguments majeurs pour discréditer les féministes est qu’elles seraient « misandres ». Elles seraient motivées par leur « haine des hommes », prêtes à inverser les rapports de domination plutôt qu’à rechercher l’égalité. Mais cette accusation repose-t-elle sur des faits ? Spoiler : non.
Comparer la misandrie – concept récent, polémique et marginal – à la misogynie, fléau millénaire et systémique d’une violence extrême, relève d’une pure et simple malhonnêteté intellectuelle. Ces deux termes ne sauraient être mis sur le même plan, tant leurs natures, leurs portées et leurs conséquences divergent fondamentalement.
Un oppression millénaire face à un concept récent et instrumentalisé
La misogynie est une oppression systémique enracinée dans des structures patriarcales vieilles de plusieurs millénaires. Présente dans de nombreuses sociétés à travers l’histoire, elle s’est traduite par l’exclusion des femmes de l’éducation, leur privation de droits civiques, la limitation de leur accès à la propriété et aux professions qualifiées, ainsi que par des lois et coutumes les plaçant sous la tutelle des hommes. Le droit marital, par exemple, a longtemps fait des femmes une propriété légale de leurs époux, les privant d’autonomie économique et juridique, au même titre que les enfants. On peut notamment évoquer l’article 213 du Code Napoléon qui stipulait que « le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari ».
Selon Ivan Jablonka, historien et écrivain français, la domination masculine prend ses racines à la fin du Néolithique, quelques milliers d’années avant notre ère. Il s’agit d’une caractéristique universelle et ancienne des sociétés humaines, remontant aux débuts de l’État.
Un exemple frappant de la…
Auteur: Elena Meilune

