Assiste-t-on à une « pause » dans la fonte de la banquise arctique ? Le terme crispe bon nombre de chercheurs, car il pourrait servir d’argument fallacieux dans les sphères climatosceptiques et dénialistes pour nier l’évidence du changement climatique. Le mot a pourtant été utilisé par des scientifiques britanniques et étasuniens dans une étude publiée le 5 août dans la revue Geophysical Research Letters.
Leurs calculs viennent confirmer des observations précédentes : la fonte de la glace de mer arctique aurait fortement ralenti sur la période 2005-2024. Mesurée sur le mois de septembre, période d’extension minimale de la banquise, la glace perdrait depuis une vingtaine d’années seulement 0,35 à 0,29 million de km² par décennie. À comparer à la perte d’environ 2 millions de km² observée entre les années 1980 et les années 2000, soit une réduction catastrophique de 12 % de la surface de glace par décennie, que l’on sait être provoquée par le réchauffement anthropique du globe.
Les chercheurs affirment que leurs résultats sont d’autant plus robustes qu’ils les ont confirmés à partir de différents jeux de données et que cette « pause » est observée pour tous les mois de l’année, au-delà des relevés de septembre. De plus, d’après leurs simulations, le ralentissement ne concerne pas que la surface de la glace mais aussi son volume, qui aurait entre 2010 et 2024 fondu sept fois moins vite que sur la moyenne longue comptée depuis 1979.
La variabilité naturelle du climat en cause
D’autres scientifiques sont plus circonspects. Si la diminution de la surface de la banquise a visiblement bien ralenti ces vingt dernières années, les données sur le volume semblent moins consensuelles.
« Plusieurs observations montrent que le volume de glace continue de diminuer, dit à Reporterre Céline Heuzé, climatologue à l’université de Göteborg, en Suède. Normalement, la glace…
Auteur: Vincent Lucchese

