Décidément, nous sommes bien bêtes. Nous pensions cuire dans des logements mal isolés ; voir les écoles devenir des fournaises, les villes des étuves, les élevages des cimetières géants ; nous croyions observer les hôpitaux craquer, débordés par les victimes d’hyperthermies et de malaises cardiaques.
Nous avions le sentiment, après ces dix longues journées de canicule, d’essuyer les plâtres d’une catastrophe mal anticipée, en dépit des innombrables alertes émises par les scientifiques depuis cinquante ans. Allons bon ! Tout cela serait une vue de l’esprit, à en croire Emmanuel Macron. Jeudi 25 juin, alors que la température moyenne du pays atteignait un record absolu, le président a salué le « gros travail » d’adaptation réalisé durant son quinquennat.
Il se contente de « petites actions à réaliser par l’administration »
Une semaine plus tôt, dans un salon frais et doré de l’hôtel de Roquelaure, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut s’était déjà félicitée de l’avancée du troisième plan national d’adaptation au changement climatique, qui aurait — à en croire son cabinet — changé « concrètement la vie des gens, des entreprises et des collectivités ». 85 % de cet « ambitieux » programme serait déjà en cours de réalisation. Tout va très bien, madame la marquise.
Si les scénaristes de Don’t look up : déni cosmique souhaitent réaliser un deuxième opus, il y a peut-être là de quoi tirer un peu d’inspiration, tant le fossé semble immense entre les discours de nos dirigeants et la réalité. Rappelons que la publication du document censé préparer la France à un réchauffement de +4 °C d’ici la fin du siècle n’a pas cessé d’être décalée par l’exécutif, alors que le péril climatique, lui, continuait sa progression. Prévu pour fin 2023, puis au printemps 2024, il n’a finalement été dévoilé qu’en mars 2025.
On…
Auteur: Hortense Chauvin

