Tribune de soutien au quartier des Lentillères, par des universitaires, chercheuses et chercheurs de l’université de Bourgogne, de l’Inrae, de l’institut Agro Dijon, membres de l’Atelier d’écologie Politique « Penser les transitions ».
Non, Monsieur Hoareau, le quartier des Lentillères n’est pas un bidonville ni un camp de réfugiés forcés de dormir à même le sol dans des conditions inhumaines. Le quartier des Lentillères est une remarquable expérience sociale, culturelle, politique, écologique et économique qui depuis plus d’une décennie tente de proposer une autre manière de faire et d’habiter la ville. Soyons clairs, l’événement dramatique qui s’est produit mercredi dernier, qui n’a fort heureusement eu que des conséquences matérielles, ne devrait pas être l’occasion d’une instrumentalisation politique de la part de l’adjoint à la « transition écologique » que vous êtes. Car au lieu de stigmatiser l’aventurisme, l’irresponsabilité et l’extrémisme de ses habitant.es, cet évènement devrait plutôt accompagner la prise de conscience que ces habitant.es ont pris à bras-le-corps, parce qu’inhérente à leur conception du vivre-ensemble et de la solidarité, une fonction sociale que les pouvoirs publics, le fameux état de droit qu’ils et elles défieraient, peinent à assumer totalement.
Ni le droit au logement pour les plus démunis, ni le droit de cité pour les réfugiés, ne sont assurés si aisément en dehors de ce soi-disant « bidonville ». Si vous avez découvert, à l’occasion de votre visite aux Lentillères, qu’il y a des gens qui dorment par terre, nous vous invitons à arpenter les rues du centre-ville le soir pour élargir votre horizon de la misère. Qu’une forme de précarité existe aux Lentillères, c’est une précarité d’existence du quartier tout entier, liée à 15 ans de lutte pour exister, dans la bricole ingénieuse et créatrice du recyclage qu’ailleurs on…
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