Le peuple « se presse » pour écouter Jésus. L’autorité qui lui est ainsi reconnue est insupportable pour les autorités religieuses officielles. Elles vont donc lui tendre un piège, sollicitant son « jugement » au sujet d’une femme, prise en flagrant délit d’adultère et « traînée » publiquement jusqu’à lui. Une faute qui, selon la Loi, appelle la lapidation (Lv 20,10).
On voit l’habileté de leur question. Soit Jésus sera accusé de désobéir à la Loi, soit on lui reprochera son manque de miséricorde. Pour toute réponse, le Maître écrit sur le sol. Geste mystérieux évoquant peut-être les mots de Jérémie (17,13) : « ceux qui ont abandonné Dieu sont écrits sur la terre ».
Mais ses adversaires reviennent à la charge, s’attirant la réplique : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Ici, il ne s’agit plus d’invoquer la Loi mais d’examiner en conscience ce que l’on en fait dans sa propre vie. Puis, Jésus se remet à écrire sur le sol, comme s’il comptabilisait déjà les fautes que ses détracteurs devraient déclarer. Eux préfèrent alors se retirer en silence, « à commencer, précise avec ironie le texte, par les plus âgés » !
Dans cette scène, Jésus témoigne que Dieu ne veut pas condamner les humains. Tous sont pécheurs, à tous sa grâce est offerte, mais tous sont appelés à se repentir pour entrer dans une vie nouvelle. Son exigeante promesse est pour chacune et chacun : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, mais désormais, ne pèche plus ».
Autres lectures : Dn 13, 41c-62 ; Ps : 22 (23)
Auteur: Michel BERTRAND, Pasteur

