Les travailleurs et les travailleuses du monde de la culture et de l’information peuvent-ils compter sur les plateformes numériques comme YouTube ou Instagram pour valoriser et monétiser leur métier ? La question est revenue de l’avant dernièrement alors que de nombreux journalistes, notamment au Québec (Alexane Drolet, Nicolas Pham), mais aussi en France (Hugo Décrypte, Gaspar G), se sont lancés à temps plein dans la production de contenu en ligne en tant que travailleurs indépendants.
Les médias ont accueilli avec une curiosité mêlée d’enthousiasme cette apparition « des info-influenceurs » dans le paysage médiatique.
Mais les plateformes numériques sont-elles vraiment des avenues soutenables pour les travailleurs et les travailleuses de l’information et de la culture ?
Dans le cadre de mes recherches en tant que professeur en communication à l’Université TÉLUQ, je mène depuis un an une étude sur l’économie politique de l’entreprise Alphabet (qui possède notamment Google, Android et YouTube). Je souhaite à cet égard nuancer cette image d’un « mariage-parfait » entre le monde de l’information et celui des plateformes numériques.
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Trois limites m’apparaissent quant à la soutenabilité du projet, soit des limites économiques, sociotechniques et même philosophiques.
1 – La polarisation des revenus sur YouTube
Le premier obstacle qui se pointe sur la route des journalistes voulant travailler strictement sur YouTube, c’est avant tout la polarisation des revenus distribués sur le web. Il faut savoir que les plateformes numériques ne se présentent pas comme des entreprises…
Auteur: Samuel Lamoureux, Professeur régulier en communication, Université TÉLUQ

