EDITO
Nos corps ne seront pas vos champs de bataille.
Parce que nous avons compris. Nous avons saisi que rien n’est inéluctable, pas même le silence et la résignation. Compris dès l’instant de nos corps devenant mouvement, que nous sommes et que nos vies ont de la valeur.
L’État ne nous fera pas la fleur d’être libre d’utiliser nos corps comme bon nous semble. Notre liberté est une lutte -un-deux-trois-UPPERCUT– nos ovaires n’iront pas en guerre, nos utérus feront grève.
Ça viole, tue, agresse, détruit, et en plus ça rend « fière la France ». Un-deux-trois-ACTION. On inverse les rôles, et celleux d’ordinaire dévoré·es du regard vous fixent maintenant droit dans les yeux. Iels ont des choses à vous dire. Il n’a jamais été trop tard.
La lutte est ici, là-bas, maintenant, dehors et dedans. Le queer déchire la normalité, et le fascisme s’effrite de nos désirs et désordre. La douceur radicale comme une lame qu’on affûte, le choix politique de l’amour comme force d’action, pour la justice, la réparation et la liberté. Il y a un moment où il faut sortir les couteaux.
Lutter, tisser, bâtir. Au sein de nos assemblées, dans nos contradictions, conflits et incohérences, avec celleux qui soutiennent et celleux qui ignorent confortablement. On revient de loin mais à défaut d’être écouté·es, nous sommes maintenant entendu·es. Les résistances se désamorcent, la métamorphose opère, et les histoires distinctes se transforment en lutte commune.
Un-deux-trois UPPERCUT. Des larmes, nous sommes le sel qui demeure et qui brûle. De la douleur, nous sommes le regard vulnérable qui reprend des forces par la chaleur des corps. On ne digère rien, et la bile remonte. Parce que se taire c’est accepter. Nous avons compris et nous serons maintenant le caillou dans vos chaussures, le pied de biche contre les cages, les caillasses contre les flicailles.
Depuis la plus brûlante nuit du 7 mars 2020, dans…
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