C’est pourquoi, réuni·es au sein du « Village Migration » du Forum social mondial ici à Cotonou, au Bénin, nous – victimes, survivant·es, familles et militant·es, ainsi que les mouvements, organisations et allié·es s’attelant à démanteler le régime migratoire raciste, publions ce manifeste.
Celles et ceux d’entre nous qui parlent à partir de leur expérience vécue sont des survivant·es de déserts mortels, de prisons, de centres de détention, de vols d’expulsion, de refoulements, d’agressions racistes, d’enlèvements en mer, d’esclavage, de viols et d’autres formes de traitements inhumains. Nous parlons en tant que personnes dont les corps ont servi à ériger des frontières, dont la souffrance a été transformée en politiques déshumanisantes qui organisent l’exclusion, et dont les morts ont été réduites à des statistiques pour justifier la nécessité d’une « gestion migratoire ».
Partout dans le monde, la rhétorique de l’invasion a été réactivée pour démanteler la protection des réfugié·es, légitimer les expulsions massives et transformer les communautés de migrant·es en ennemis électoraux. Les migrant·es sont exploité·es à des fins politiques et soumis·es à un système fondé sur le racisme, la peur et les punitions collectives.
La violence que nous affrontons s’inscrit dans un continuum de violence coloniale, qui s’étend des zones frontalières jusqu’au cœur des villes où les violences policières, le profilage racial, la détention, les refoulements et la criminalisation des personnes en mouvement reproduisent la même logique d’exclusion, de contrôle et de confinement racialisés. Les routes de l’esclavage sont réactivées aujourd’hui à travers des processus de dépossession et de marchandisation de la vie humaine qui poussent une jeunesse désespérée vers des voies maritimes extrêmement périlleuses et transforment les océans en cimetières.
Parmi d’autres…
Auteur: IAATA
