Les forêts françaises sont malades. Elles continuent de s’étendre, mais la mortalité des arbres a augmenté de 125 % en dix ans, révèle un rapport de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), publié le 14 octobre. Les causes de cette surmortalité ? Les sécheresses successives, la prolifération des bioagresseurs (champignons et insectes xylophages), les incendies, etc. Autant de phénomènes intensifiés par le changement climatique.
Si ce dernier a tant d’effets sur nos forêts, c’est aussi en raison de la sylviculture intensive, qui a rendu les arbres plus vulnérables et moins résilients aux bouleversements du climat. C’est la thèse défendue par Marie-Stella Duchiron, experte forestière et autrice de Sylviculture d’écosystème.
Reporterre — Selon le rapport de l’IGN, les arbres meurent de plus en plus, et cette surmortalité est notamment liée au changement climatique. Que pensez-vous de cela ?
Marie-Stella Duchiron — Les modifications climatiques ont effectivement un impact sur la forêt, mais pour la protéger, il faut d’abord lui permettre d’avoir toutes les capacités pour résister à ces changements. Or, la situation actuelle met en lumière l’échec de la sylviculture que nous avons pratiquée jusqu’alors.
Nous avons des forêts beaucoup trop jeunes, avec des arbres qui croissent rapidement, mais qui ne sont pas assez gros, qui n’atteignent jamais leur maturité, car ils sont coupés avant, pour répondre aux objectifs de la filière bois. L’autre problème, ce sont les coupes qui créent de grandes éclaircies dans la forêt, et qui fragilisent tout l’écosystème forestier.
Chez nous, en réalité, il y a une avidité à récolter du bois pour se faire du fric… On se retrouve ainsi avec des forêts qui ressemblent à des champs d’arbres, tous de la même espèce, tous à la même hauteur, la majeure partie gagnant très vite le sommet de la…
Auteur: Scandola Graziani

