Madame la Ministre,
Alors que la crise climatique s’intensifie, il est urgent de s’interroger sur la stratégie mise en œuvre pour la gestion de nos forêts, tout particulièrement en Île-de-France.
À quelques kilomètres de Paris, la forêt domaniale de la Malmaison-St Cucufa (200 ha) illustre les tensions actuelles. Depuis la mi-août, des abattages et coupes rases présentées comme sanitaires ou sécuritaires y sont réalisés, notamment sur des châtaigniers dont certains sans signes de dépérissement, ou anticipant la mort future de hêtres en pleine santé. Des engins de 24 tonnes interviennent sur des terrains en forte pente.
Après les sécheresses successives, est-il réellement pertinent de faire circuler de telles machines dans un écosystème déjà fragilisé ?
Sans refuser toute intervention forestière, il convient de remettre en cause des méthodes et des volumes de prélèvement devenus inadaptés aux conditions climatiques actuelles.
Les données de l’IGN sont inquiétantes : la mortalité des arbres a augmenté de 125 % en dix ans, tandis que le puits de carbone forestier a chuté, passant de 63 à environ 39 millions de tonnes de CO2 par an.
En Île-de-France, ces fragilités sont aggravées par la fragmentation des habitats, le réchauffement climatique ainsi qu’une fréquentation record atteignant 100 millions de visites annuelles. A cela s’ajoute désormais le risque croissant d’incendie : 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau (environ 10 % de sa surface) ont été détruits par le feu cet été.
Dans ce contexte difficile, la forêt publique ne peut être considérée principalement comme une ressource en bois. Pour les 12 millions de Franciliens, elle offre îlots de fraîcheur, biodiversité, respiration et lien avec la nature. Or, sous couvert de renouvellement forestier ou d’adaptation, nous assistons à une industrialisation progressive de nos forêts.
Les forêts publiques franciliennes…
Auteur: La Relève et La Peste
