La Couvertoirade et Saint-Martin-du-Larzac (Aveyron), reportage
On dit beaucoup de choses sur le Larzac. L’urbain imagine y partir quand il veut « tout plaquer pour aller élever des chèvres » dans « un désert plat où rien ne pousse ». Une image à mille lieues de ce qu’est ce causse — un plateau calcaire — de 1 000 km2 du sud du Massif central. Le Larzac est habité depuis le néolithique et peuplé d’éleveurs de brebis, un animal peu gourmand en eau et moins vorace que les chèvres. S’il apparaît sec, son sous-sol regorge d’eau, qu’on peut parfois trouver en surface dans les dolines, les creux du causse, dont l’altitude varie entre 600 et 1 000 m.
« Pour vivre, les humains ont ici développé des trésors d’ingéniosité », dit Solveig Letort, guide-conférencière passionnée par l’histoire du Larzac. Elle est une des quelques dizaines d’habitants à l’année de la très touristique cité fortifiée de La Couvertoirade, un village où la présence humaine est attestée « dès 2 600 avant notre ère ».
La « Cobertoirada » — qui signifierait « pierre couverte » en occitan — n’est toutefois devenue un bourg qu’à la fin du XIIe siècle, à l’arrivée des Templiers. Pour financer ses expéditions et croisades, cet ordre laïc et militaire avait besoin d’impôts, donc de faire prospérer les terres qui lui avaient été confiées. Pour y parvenir, il s’est appuyé sur le précieux savoir-faire des paysans locaux pour collecter l’eau.
Cité pensée comme un « gigantesque entonnoir »
Le château des Templiers de La Couvertoirade a ainsi été adossé à un grand rocher creux gorgé d’eau, transformé en une citerne collective. « Je suis descendue une fois, c’est un espace exigu et interdit au public, raconte Solveig Letort. Dedans, ils ont aménagé la base et construit une magnifique voûte. »
En 1312, les Templiers ne furent plus en odeur de sainteté auprès…
Auteur: Elsa Souchay

