François Bourroux connaît le pont de Theillet, situé dans sa commune de Tarnac, en Corrèze, depuis toujours. Et pour cause, le maire de ce village de 325 habitants est né ici. L’élu pensait inaltérable ce charmant ouvrage d’art du XIXe siècle enjambant la Vienne, qui coule 6 mètres plus bas. L’idée qu’il puisse s’effondrer ne l’avait jamais effleuré. Pas même quand, début 2021, un technicien de la communauté de communes remarque une pierre tombée au pied du pont. Lequel dessert deux lieux-dits où résident, au bout de cul-de-sacs, dix personnes. Le bombement qui s’était formé dans le mur de soutènement n’inquiétait pas davantage François Bourroux.
Mais lorsqu’il apprend l’existence d’un Programme national ponts, qui permet de réaliser un bilan de santé gratuit, pris en charge par l’État, il décide de faire ausculter la construction par des experts d’un bureau d’études, en mai 2022. « On pensait qu’il allait bien, mais on préférait en avoir confirmation », expose l’élu.
L’effondrement de Gênes dans tous les esprits
L’effondrement, le 14 août 2018, du pont Morandi de Gênes, en Italie, qui a causé la mort de 43 personnes, a marqué les esprits français. Une question a alors surgi chez les élus : « Une telle catastrophe est-elle possible en France ? » se souvient Patrick Chaize, sénateur (LR) de l’Ain, alors membre de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable au Sénat. Est alors lancée une mission d’information, dont il est corapporteur aux côtés de Michel Dagbert, ex-sénateur (PS) du Pas-de-Calais. Le rapport, publié en juin 2019, est alarmant : non seulement la France n’est pas en mesure de connaître le nombre précis de ponts routiers sur son territoire (entre 200 000 et 250 000), mais un sur cinq nécessite des travaux, et un sur dix des travaux urgents.
« Quand on a découvert ce dernier chiffre, tout le monde est tombé…
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Auteur: Ariane Puccini

