« Nos potagers, une absolue nécessité face au chaos climatique »

Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique mensuelle, elle livre astuces et réflexions, parce que jardiner… c’est politique.


Cet été, réconfort au milieu des canicules et du ciel sec, nous avons eu beaucoup de fruits. Des pêches, surtout. Les uns après les autres, les arbres ont donné à pleines brassées. Des blanches, des jaunes, des tendres, des fermes, des plus ou moins juteuses, sucrées, à la peau fine ou épaisse… Que faire de tout cela ? Nous avons été un peu débordés. Elles sont devenues compotes, tartes, sorbets, fruits au sirop. Les voisins y ont largement goûté. On a tenté, comme on a pu, de faire honneur à ce que les fruitiers nous offraient. De ne pas trop en perdre.

Il y a quelques années, alors que j’avais à peine passé une saison avec ce jardin, je me rappelle que j’avais bien plus d’insouciance. Un prunier avait donné à foison, mon compagnon s’était empressé de récolter et moi, face aux paniers pleins, je n’avais pas compris : pourquoi cueillir plus que ce dont on a besoin pour une tarte et picorer ? Pourquoi se donner tant de travail à devoir transformer tous ces fruits ?

Avec le temps, j’ai évidemment compris. Quand on peut, on stocke. Parce qu’on ne sait pas si l’on aura des prunes dans l’avenir. Un gel tardif à la floraison, trop de pluie au moment de la pollinisation, un nid de fourmis qui colonise ce vieux tronc dans notre dos… Et il n’y aura pas de récolte l’an prochain, voire l’arbre aura disparu !

Le jardin n’est pas éternel

Pourtant l’an dernier encore, je râlais, sans conviction, mais je râlais quand même, face à la prodigalité des tomates. Nos étagères ont débordé de coulis, on a fait les fonds de placard pour trouver des pots vides à remplir. On a cherché de nouvelles façons de les conserver : rôties, congelées, stérilisées entières… Finalement, bien nous en a pris :…

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Auteur: Marie Astier