Notes sur la littérature et l'intelligence artificielle

Chez les ravis de la crèche technologique, qu’ils soient dans le comble de la plouquerie consistant à avoir peur de passer pour des ploucs en ratant la dernière innovation technique ou qu’ils soient de la tendance houëllbecquienne (« tout ce que la science permet sera réalisé ») de la soumission absolue à la technoscience, sévit le fantasme d’une « amélioration » de la production littéraire par l’IA, dont l’horizon ne pourrait être que le grand remplacement de la totalité de la littérature par une « version améliorée » artificielle. Comme il nous intéresse peu d’en savoir davantage à ce sujet, nous ne savons pas à laquelle des deux espèces appartiennent les apologètes des performances de l’IA en littérature que Wu Ming 1 critique ici, avec l’aide décisive de Cesarano, Camatte et Biffo. Mais ses notes critiques nous paraissent toucher juste, en visant ce qui manquera toujours aux robots : la chair.

Nous publierons ce texte en deux fois : la première partie, ce lundi, traite de la question en général, tandis que la deuxième partie, dans le lundimatin suivant, démontera la pseudo expérience d’« amélioration » d’un texte littéraire rapportée par le New Yorker, qui a fait fantasmer certains en Italie, et, n’en doutons pas, en France.

« Quand ça restitue le corps : voilà, c’est ça la poésie »
Ottavio Fatica, Lost in translation

« Le capital est le cancer dont l’espèce risque de mourir avant de commencer à vivre réellement. En ce sens, la révolution est biologique. »
Giorgio Cesarano, Manuel de survie

« Tandis que l’intelligence artificielle hyper-aplatit la culture de masse, toute chose manifestant une évidence d’humanité devient quelque chose à quoi aspirer. »
ANU, Aspirational Humanity

Ici pourraient m’arriver des accusations d’« anthropocentrisme », saugrenues mais très en vogue parmi les actuels apologètes de l’I.A. Des gens qui, au…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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