Pour accompagner le lundisoir de cette semaine, nous publions ici quelques bonnes feuilles du dernier livre du philosophe Frédéric Neyrat : Traumachine, Intelligence artificielle et Techno-fascisme (éditions MF). Pour voir l’entretien c’est par ici.
- Première note : Le surcapitalisme est la recherche de l’immortalité sur fond d’écocide.
Explication : Le capitalisme est entré dans une nouvelle phase caractérisée par la question de la survie, qu’il faut entendre en deux sens, pouvoir subsister et trouver une sur-vie : une super-vie au-delà de la vie, une forme de vie persistant après la mort biologique. Le surcapitalisme est donc un capitalisme de survie.
Scholie : On pourrait croire que la recherche du profit su !t à expliquer les comportements des plus riches. Mais ces derniers sont désormais aussi les capitaines de l’industrie technologique de pointe, et celle-ci a dans le transhumanisme le trésor de son sens : devenir immortel grâce à la technologie (cryogénisation, uploading du cerveau sur une machine, fusion dans la Singularité, etc.). Ainsi Peter Thiel, dans un fameux article de 2009 où il annonce : « je ne crois plus que la liberté et la démocratie sont compatibles », précise : « Je m’oppose aux impôts confiscatoires, aux collectifs totalitaires et à l’idéologie de la mort inéluctable de chaque individu ». Ramener la mort à une idéologie (de gauche) est l’opération méta-politique fondamentale du surcapitalisme.
- Deuxième note : La réponse à la contradiction à laquelle s’affronte le surcapitalisme est l’ia, qui élimine l’humanité restante tout en préparant la sur-vie technologique.
Explication : Les conditions de possibilité de reproduction de la vie s’érodant, les techno-milliardaires craignent de ne pas avoir assez de temps pour devenir immortels, de ne pas survivre assez longtemps pour inventer leur sur-vie et réaliser le projet transhumaniste de…
Auteur: dev

