► Que s’est-il passé à Notre-Dame de Bétharram ?
Situé entre Lourdes et Pau, l’établissement privé sous contrat Notre-Dame de Bétharram (Pyrénées-Atlantiques) est au cœur d’une affaire judiciaire tentaculaire. Au total, 112 plaintes ont été déposées pour des violences physiques et sexuelles subies à partir des années 1960 jusqu’en 2011 dans ce collège-lycée catholique prisé de la bourgeoisie locale et réputé « dur ». Le parquet de Pau mène l’enquête depuis un an. À l’origine de cette accumulation de plaintes : un groupe Facebook – d’aujourd’hui 1 500 membres – lancé en décembre 2023 par l’ancien élève Alain Esquerre.
Les anciens élèves que La Croix a interrogés en 2024 dénoncent une violence « inouïe » et « quotidienne ». La punition la plus répandue était celle du « perron » : les élèves jugés agités devaient rester dehors en sous-vêtements « parfois toute la nuit ». Un autre témoin raconte « des gifles si violentes que notre tête rebondissait sur le mur ».
Les sévices étaient aussi sexuels, affirment les victimes, qui étaient alors des garçons de 8 à 13 ans. Ils dénoncent un « système de prédateurs » avec des masturbations et des fellations imposées ou subies plusieurs fois par semaine. Les plaintes mettent en cause 26 adultes, dont une dizaine de religieux.
Si l’essentiel des faits dénoncés sont prescrits, ce n’est pas le cas d’au moins un « viol caractérisé » commis en 1996, selon Alain Esquerre. En sortant de sa rencontre avec François Bayrou samedi 15 février, il a assuré qu’un nombre « colossal » de victimes restent encore « tapies dans l’ombre ».
► Depuis quand ces faits sont-ils dénoncés ?
L’établissement a fait l’objet de plaintes pour mauvais traitements dès 1996. Un surveillant général est alors condamné pour avoir giflé un élève de 14 ans si violemment qu’il a perdu en partie l’audition. L’affaire est…
Auteur: Mélinée Le Priol

