C’est un feuilleton dont l’issue romanesque n’aurait sans doute pas déplu à Victor Hugo. En avril 2022, la campagne de fouilles préventives menée par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur le chantier de Notre-Dame permettait de mettre au jour, à la croisée du transept, deux sarcophages en plomb. Le corps retrouvé dans le premier était rapidement identifié, grâce à son épitaphe, comme celui du chanoine Antoine de La Porte, un grand mécène de la cathédrale, décédé en 1710.
Une passionnante enquête historique
Du deuxième défunt, en revanche, on savait peu de choses, si ce n’est qu’il s’agissait d’un homme entre 20 et 30 ans, dont la morphologie des fémurs témoignait d’une pratique de l’équitation depuis le plus jeune âge. D’où son surnom de « cavalier ». Les archéologues se sont lancés dans une passionnante enquête historique pour lui rendre son identité. L’autopsie du corps, menée à l’institut médico-légal du CHU de Toulouse, a révélé une particularité : l’individu souffrait de tuberculose osseuse et d’une méningite chronique, deux pathologies très rares à l’époque.
Éric Crubézy, professeur d’anthropologie biologique à l’université Toulouse 3 et directeur de recherches au CNRS, émet alors une hypothèse audacieuse : et s’il s’agissait du grand poète Joachim du Bellay, théoriquement inhumé à Notre-Dame de Paris, dans la chapelle Saint-Crépin, près de son oncle qui y fut évêque, mais dont la tombe n’a jamais été retrouvée ? « Il répond à tous les critères du portrait-robot : c’est un cavalier émérite, il souffre des deux pathologies qu’il évoque d’ailleurs dans certains poèmes, comme dans La Complainte du désespéré où il décrit “cette tempête qui brouille dans (sa) tête”, et sa famille fait partie du premier entourage royal et du premier entourage du pape. »
Pour Christophe Besnier,…
La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Cécile Jaurès

