Après plus de cinq ans de travaux de reconstruction, à la suite de l’incendie du 15 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris doit rouvrir ses portes le samedi 7 décembre. Les polémiques autour de sa reconstruction ne s’arrêtent pas. Notamment celle de la contamination des alentours par le plomb utilisé pour recouvrir le toit et la flèche de la cathédrale.
L’Association des familles victimes du saturnisme (AFVS), la CGT Paris et l’association Henri Pézerat continuent de dénoncer de « graves conséquences sanitaires ». « Le plomb est neurotoxique, cancérogène et néfaste pour la reproduction », explique Annie Thébaud-Mony, présidente de cette dernière association.
Reporterre — Vous estimez que la réouverture de Notre-Dame est « une fuite en avant délibérée d’une contamination continue au plomb ». En quoi la cathédrale pollue même après l’incendie ?
Annie Thébaud-Mony — D’une part, la pollution issue de l’incendie n’a absolument pas disparu. Il y a eu une décontamination de l’intérieur de la cathédrale, tardive, mais il est quasiment impossible de tout enlever. Les abords de Notre-Dame, eux, sont encore pollués. Il y a eu un peu de décontamination sur le parvis, mais, là aussi, ils n’ont pas réussi à tout enlever. Et dans les abords qui n’ont pas été décontaminés, la poussière de plomb s’envole en permanence : c’est une source de contamination non négligeable qui va se poursuivre. D’autre part, la toiture et la flèche ont été rénovées avec du plomb.
En quoi est-ce problématique ?
Il s’agit de feuilles de plomb posées les unes sur les autres, du plomb laminé. Cela relargue régulièrement des poussières. Le Haut Conseil de la santé publique a évalué que 21 kilos de plomb par an seront relargués dans les eaux de ruissellement à partir de la toiture et la flèche de Notre-Dame. Avoir remis du plomb sur la toiture et la flèche, c’est…
Auteur: Marie Astier

