Notre décryptage : une loi anti fast-fashion enfin adoptée mais au résultat mitigé
Mode : une tendance destructrice
Le 17 juin dernier, la commission mixte paritaire, censée trouver un point d’équilibre entre les versions du texte votées par les deux chambres, est enfin parvenue à un accord. Le contenu final est ensuite repassé par l’Assemblée nationale puis le Sénat, qui ont entériné l’adoption finale d’une navette législative ayant début en janvier 2024. Cependant, le texte final n’est pas à la hauteur de son ambition initiale d’encadrer l’ensemble, et reste donc bien en dessous des attentes des Amis de la Terre France et de l’ensemble la coalition #StopFastFashion.
Une avancée symbolique salutaire
A noter cependant que si cette loi inédite existe enfin, c’est grâce à une forte mobilisation citoyenne. Pour la première fois, le modèle de surproduction fondé sur une incitation permanente à consommer est objectivé et fait l’objet de pénalités concrètes. A l’heure où les reculs environnementaux s’enchaînent les uns après les autres, cette loi ouvre de manière inédite la possibilité de réguler l’ultra fast-fashion qui exploite et pollue massivement.
Pour rappel, l’ultra fast-fashion ou mode ultra express est incarnée par Shein ou Temu et se caractérise par une renouvellement permanent des modèles ou des offres promotionnelles avec un modèle de vente quasi exclusivement en ligne.
Elle diffère de la fast-fashion dite 1ère génération – incarnée par Zara, Primark ou encore Kiabi – qui vend ses produits en magasins, propose une intensité marketing moins forte et dont les sièges sociaux sont basés au sein de l’Union Européenne. Pour le reste, les conditions environnementales et sociales de productions des deux modèles demeurent identiques.
Un objectif…
Auteur: Jessica Ohayon

