Basta! : Il y a un peu plus d’un an, lors du vote de la première loi Duplomb, vous manifestiez votre colère à l’Assemblée nationale en pointant du doigt les députés de toutes les droites qui avaient voté pour cette loi. Êtes-vous toujours en colère face aux décisions politiques prises sur les pesticides ?
Fleur Breteau : Bien sûr, et c’est une colère sur laquelle nous avons mis des mots, des chiffres. Nous avons nommé nos adversaires qui sont les industriels de l’agriculture et de la chimie, et leurs soutiens au Parlement, dans les partis du centre, des droites et de l’extrême droite.
Mais il n’y a pas que la colère qui met en mouvement. Depuis plus d’un an, il y a tout ce processus de joie, de rencontrer des gens, de se retrouver de plus en plus nombreuses et nombreuses. Que ce soit dans le collectif, dans des réunions publiques ou dans la rue, les gens nous arrêtent, nous parlent.
À Cancer Colère, on reçoit énormément de messages de sympathie, de soutien. Cela montre bien que la libération de la parole allège l’âme, et a des effets très puissants de ricochet à l’échelle des individus, de leurs familles, de leurs proches. Et ça fait vaciller le système.
Quel est le déclic qui vous a permis de politiser le cancer ?
Il y a plusieurs étapes, mais c’est le diagnostic de mon deuxième cancer, à 19h30. Et puis, à 2h30 du matin, Nicolas, un de mes plus proches amis, meurt d’un cancer à 46 ans. Sa fille allait avoir dix ans un mois plus tard. Ça, c’est un moment de colère.
Mais il y a aussi le vote de la loi Duplomb par les sénateurs [en juillet 2025], qui se réjouissent dans les médias d’avoir voté une loi qui aide les agriculteurs. J’étais en chimiothérapie ce jour-là, quand j’ai appris que les fabricants de pesticides peuvent aussi fabriquer des…
Auteur: Sophie Chapelle
