Paris, reportage
« Aujourd’hui, on doit se poser les mêmes questions pour aller à une manifestation déclarée que si on préparait une action de désobéissance civile », soulignait Margaux, porte-parole d’Action Justice Climat (AJC). Avec un petit groupe de militants écologistes, elle se préparait, en ce début d’après-midi, à la mobilisation du 24 octobre à Paris, dans un contexte de tension. Au programme de cette session dans leur local parisien : confection de pancartes, mais aussi, choix du lieu à rejoindre pour manifester.
La préfecture de police de Paris avait en effet interdit le parcours négocié la veille avec l’intersyndicale, entre Bastille et Nation. Le tracé autorisé a été redéfini au dernier moment par la préfecture : entre Porte d’Italie et Porte de Vincennes. Lors de l’Acte I de cette colère citoyenne, les interpellations s’étaient multipliées, les condamnations express aussi. Quelques jours plus tôt, Emmanuel Macron avait annoncé que l’armée allait venir en renfort.
Au final, à Paris, la manifestation a réuni près de 110 000 personnes selon le ministère, plus de 250 000, selon la CGT, et 1 000 personnes ont été interpellées. De nombreux manifestants sont venus pour dénoncer le déferlement de propos d’extrême droite ces derniers jours, ainsi que l’attentat raciste de Trappes, dont l’auteur dit avoir voulu « venger les commerçants » pillés le 17 octobre.
Dans plusieurs villes de France, entre 410 000 (selon le gouvernement) et 800 000 (selon la CGT) personnes ont à nouveau battu le pavé samedi 24 octobre pour l’Acte II de la colère lycéenne et sociale exprimée depuis le début du mois. Au même moment, à Orléans, elles ont marché contre le Rassemblement national qui y tenait son congrès.
Dénoncer le recul des libertés fondamentales
« C’est quoi la prochaine étape ? On fait une manifestation dématérialisée sur GoogleMaps ? »,…
Auteur: Léa Guedj
