Née pendant la dictature chilienne, Elisa Rojas arrive en France en 1981. Une fois avocate, elle publie en 2004 un texte dans Le Monde contre l’hypocrisie du Téléthon. Elle participe à la création du collectif « Non au report en 2015 » [de la loi sur l’accessibilité], puis du Collectif lutte et handicaps pour l’égalité et l’émancipation. En 2020, elle publie Mister T & moi (Marabout), un roman sur l’exclusion des femmes handicapées.
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De vives critiques venant de soignants ou de religieux ont été entendues après la présentation faite par Emmanuel Macron et la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, du projet de loi sur la fin de vie. Mais d’autres, moins audibles, ont aussi été émises par des personnes handicapées. Elles pointent un texte validiste. Qu’en pensez-vous ?
Les inquiétudes de nombreuses personnes handicapées et/ou malades concernant ce projet me paraissent des plus légitimes. Le problème avec « la fin de vie » ou « l’aide à mourir », c’est que l’on ne peut pas raisonner de façon abstraite autour de la liberté en faisant fi du contexte dans lequel s’inscrit un tel projet de loi. Sans égalité, il n’y a pas de réelle liberté de choix, quel que soit le domaine. Or nous vivons dans une société inégalitaire, marquée par des systèmes d’oppression qui hiérarchisent les vies, et en cours de fascisation. Une société dans laquelle, d’une part, les vies des personnes malades/handicapées ne valent pas cher et, d’autre part, l’accès aux soins publics et gratuits devient de plus en plus difficile.
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Auteur: Hugo Boursier

