Après avoir examiné dans le premier numéro la notion de « civilisation », Passages s’intéresse ici à une idée qui n’apparaissait alors qu’en négatif, comme objet de la destruction : la nature. Mais la nature n’est-elle qu’une idée ? Une vue de l’esprit, un concept occidental inconséquent et réactionnaire, comme on peut régulièrement l’entendre dans de nombreux discours universitaires ou militants actuels ? La revue prend le le parti inverse en soutenant que la nature correspond non seulement bel et bien à une réalité identifiable, mais constitue également un concept inévitable pour revendiquer et mettre en place une perspective de lutte conséquente et concevoir un rapport harmonieux au monde. Ami.es de Passages, nous considérons que participer à faire vivre cette critique radicale ainsi qu’à la diffuser largement constituent la première phase d’un mouvement de résistance résolument écologiste et féministe. En voici donc un aperçu avec ce texte rendu libre.
Il y a celles et ceux qui aimeraient la voir disparaître. Celles et ceux qui la dénient, la renient, rêvent de pouvoir s’en affranchir. Celles et ceux qui, face au désastre, n’ont plus de repères.
Les premières aspirent à une unification du monde, au contrôle de la planète, à une gestion totale. Les deuxièmes ambitionnent de se débarrasser de leurs liens à la terre pour rejoindre le royaume des cieux. Les troisièmes supplient qu’on leur offre une boussole morale aisément praticable.
La nature ça n’existe plus, dit-on. Il est vrai que l’individu urbain, habitant de la citadelle de la mort et de la conscience [1], ne peut que l’attester. Il n’est rien, du plus profond des abysses jusqu’à la voûte céleste, qui ne soit taché de l’ambition humaine. Mais sommes nous devenues aveugles au point de ne plus pouvoir distinguer Orion d’un vulgaire satellite ? De réduire l’océan au plastique qui le souille ? L’absurdité…
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