Notre Révolution

Qu’elle est belle et qu’elle est terrible, notre Révolution.

1789. 1871. 1968.

2026.

Cette révolution est la nôtre.

Nous sommes les lycéen·nes, les étudiant·es, les travailleur·euses étouffé·es. Nous sommes les marginalaux, les étranger·es, les psychiatrisé·es, les queers, les trans réprimé·es.

A Bordeaux ces dernières semaines, le ciel était chargé de l’odeur des lacrymos. Sont bloquées dans ma rétine les images de mes adelphes s’étouffant. Ensemble nous fuyons. Ensemble nous luttons. L’insurrection est terrible et joyeuse.

Terrible le feu.

Joyeux le feu.

Nous avons longtemps espéré que l’on finirait par nous entendre. Ils ne l’ont pas fait, alors nous nous sommes planté·es en face d’eux et nous les avons forcés à nous écouter. Ils ne l’ont pas fait, alors nous avons décidé de les remplacer.

Les flics sont des terroristes d’état. Ils nous tuent, nous mutilent, et surtout, nous effrayent en espérant qu’on la fermera. Qu’on restera chez nous. Ils n’ont pas compris que la rage s’accumule pour mieux exploser. Le président, le premier ministre et le ministre de l’intérieur nous déclarent la guerre.

Pourtant que nous sommes dangereuxes, avec nos pancartes et nos chants, nos rires et nos couleurs. Nous sommes la lumière qu’ils ne savent voir.

Jamais la jeunesse ne se résignera. Car la jeunesse est mouvante, et puissante.

Trop longtemps que l’ordre établi attend d’être renversé.

J’ai peur pour ma vie et j’ai peur pour mes adelphes. Nous sommes surveillé·es, traqué·es pour avoir voulu exister. Nous devons nous réinventer, nous organiser. Nous apprenons sur le tas ce que les révolutionnaires de toujours se transmettent, génération après génération, révolte après révolte. Mais les méthodes de l’ennemi évoluent et les nôtres se doivent de faire de même.

Nous n’abandonnerons pas car la révolution est pour nous une passion comme une nécessité. Car une fois…

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