Autour de 3 000 décès par an en France sont liés à la chaleur. Le dérèglement climatique favorise aussi les maladies virales, comme la dengue et le chikungunya, véhiculées par le moustique tigre. Autant d’éléments participant au concept « one health » (« une seule santé ») mis en avant à l’occasion du Sommet dédié à la santé globale, le 7 avril. Celui-ci vise à améliorer la coopération internationale pour inciter au partage de données, à la recherche et à la lutte contre les maladies infectieuses notamment, en insistant sur le lien entre la santé humaine, animale et environnementale.
Dans À notre santé ! (éd. Payot, 2026), l’épidémiologiste Kévin Jean, chercheur à l’École normale supérieure de Paris, liste les bienfaits scientifiquement prouvés de l’action en faveur de l’environnement pour augmenter l’espérance de vie, le bien-être, et limiter les maladies.
Reporterre — La présidence de la République porte le Sommet « One Health » le 7 avril dans le but d’insister sur cette approche d’une seule santé. Le politique irait-il dans un sens favorable à l’action environnementale ?
Kévin Jean — Le Sommet a lieu au moment où la loi Duplomb 2 [en faveur des pesticides] arrive au Parlement et où le gouvernement démantèle Santé publique France, à l’expertise si précieuse pour suivre les épidémies notamment, ça n’a pas de sens.
L’arrivée en France hexagonale des virus comme la dengue ou le chikungunya, véhiculés par le moustique tigre, est une illustration de ce qu’est la santé globale, avec une santé humaine étroitement liée à celle des animaux et de l’environnement. La propagation de ce moustique originaire d’Asie du Sud-Est est liée au commerce international de pneus usagés, qui constituent un lieu particulièrement favorable à la ponte de ses œufs. Les déplacements créés par les humains l’ont favorisée.
« Il y a presque une sorte de…
Auteur: Rozenn Le Saint

