C’est le b.a.-ba des sciences politiques, le pouvoir s’incarne dans L’État, l’État se maintient par ses institutions, les institutions diffusent le pouvoir et administrent la vie. Le service public, dans toutes ses largeurs, s’avère donc être un outil de gouvernement, ce que l’on devine sans mal en pensant à la police, à l’école ou à son conseiller France Travail. L’article qui suit propose de prendre notre propre vulgate à rebours et d’imaginer cette hérésie : un service public autonome de l’État et des tâches gouvernementales qui lui incombent habituellement.
Fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière, paysannerie, désertions en tout genre, tentatives de communismes immédiats, font une chose commune fabuleuse qui n’est pas celle de la République. Une sorte de service public autonome.
Plus ou moins malgré lui, le service public évoque les murs gris de l’administration. Et cette grisaille est souvent la couleur du contrôle social des administrés par l’éducation, la solidarité et la sécurité nationales. Le service public passe pour l’outil froid du monstre froid étatique. Et à certains égards, il l’est possiblement.
Toutefois, il faudrait distinguer cette grisaille qui enserre nos vies, de l’expérience autrement émancipatrice du service public, déjà-là, irréductible et antagoniste aux faits des pouvoirs publics. Car si une critique sans retenue est à adresser aux notions mêmes de démocratie et de République, et si l’administration est en soi un repoussoir intergalactique, il serait juste de ne pas y amalgamer le service public qui paraît en découler.
Un détour par quelques évidences d’abord.
L’allant-de-soi gouvernemental
Directe ou indirecte, la démocratie s’avère être un mode de gouvernement, donc de conduite des conduites, déguisé en espace d’expression populaire pour mieux s’enraciner. Le pieu récit de la modernité démocratique nous libérant…
Auteur: dev

