Morbihan, reportage
Sur un long étal, des kilos et des kilos de légumes s’entassent dans des cageots. « Il faut peler les pommes de terre, éplucher et râper les carottes. Pareil avec les betteraves. Il faut aussi faire les salades et les sauces », liste Blanche, tablier noué autour de la taille. D’un côté, une dizaine de personnes s’occupe des pommes de terre et des oignons qui deviendront, d’ici à quelques heures, une soupe. D’autres se chargent de détacher les feuilles de batavia avant de les passer dans une essoreuse à salade taille XXL.
L’objectif de ce mardi 9 septembre, dans ce hangar de ferme paysanne située quelque part dans le Morbihan ? Faire à manger pour un demi-millier de personnes. Et pas n’importe lesquelles : ces petits plats sont destinés à nourrir les grévistes qui auront répondu à l’appel à bloquer le pays le 10 septembre.
Des produits bio et locaux
La mobilisation, aussi connue sous le nom de « Bloquons tout », a vu le jour courant juillet alors que le Premier ministre François Bayrou, aujourd’hui fraîchement démissionnaire, a annoncé un plan d’austérité. Très vite, l’appel à se mobiliser a été rejoint par des collectifs tels que Les Soulèvements de la Terre et Bassines non merci ; des syndicats comme la CGT et des partis politiques, tels que La France insoumise, les Écologistes et le Parti communiste. Un peu partout en France, des cantines de luttes aussi appelées « réseaux de ravitaillement » se sont organisées. Rennes, Rouen, Paris, Soissons… et ici, quelque part dans le Morbihan.
« Environ 400 sandwichs carnés, végétariens et véganes, ainsi que des crêpes de sarrasin et 100 litres de soupe vont être proposés mercredi [10 septembre] quelque part sur un rond-point. Le tout à prix libre », explique Iris, membre du Réseau de ravitaillement alimentaire des ventres enragés (Rrave).
Créé au printemps, il a pour but de « nourrir les…
Auteur: Chloé Richard

