Les militaires n’ont pas souvent l’occasion d’exprimer leur opinion sur les choix politiques. Et il n’y a pas non plus de volonté de la part des militaires d’en discuter. Il existe un fort préjugé selon lequel la politique ne devrait être faite que par les politiciens et les militaires ne devraient s’occuper que d’avions et de chars. Sauf à « faire de la politique » avec des armes, faisant des serviteurs de l’État des serviteurs d’intérêts contraires à la Constitution. C’est pourquoi j’ai toujours pensé qu’il était du devoir des militaires d’exprimer des opinions et des jugements, même sur des questions sociales et politiques qui concernent la sécurité de l’État. Et qu’il est du droit et du devoir des gouvernements et des législateurs d’écouter également leurs opinions.
Aujourd’hui, l’Europe est en guerre : soit parce qu’elle l’accueille à l’intérieur de ses frontières géographiques, soit parce qu’elle y participe activement en soutenant politiquement, économiquement et militairement l’un des belligérants. Notre pays est en guerre et en subit les conséquences avec la perspective de devoir subir pire. La guerre sous toutes ses formes semble être la seule issue. Non pas une guerre métaphorique, mais une guerre réelle, matérielle, cinétique, comme disent les militaires, à laquelle nous sommes alors appelés à faire face. On dit que nous devons aider l’Ukraine à se défendre et que la défense de l’Ukraine est la défense de l’Europe. Il s’agit d’une bataille de civilisation et de liberté. J’ai de nombreux doutes à ce sujet et je me demande pourquoi nous ne nous sommes pas inquiétés plus tôt des menaces qui pesaient sur la liberté de ces mêmes Ukrainiens lorsqu’ils étaient soumis à une guerre par leur propre gouvernement. Et pourquoi le souci de la liberté des peuples ne s’étend pas à d’autres populations soumises à la guerre et à la répression.
La guerre en…
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Auteur: Fabio Mini

